
Un résumé en photos, ci dessous de ce que sera notre livre:
"et le pire c'est qu'on se plaignait" edité fin 20xx ...
(en cours)

LE VOILIER , SANGRIA , PLAN HARLE, 7.60mx 2.60
Un voilier robuste , fiable mais petit ....

VIREE 2006
Saint-Nazaire, Espagne NW, Portugal, Maroc et Canaries

Les équipiers en 2006 :
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ROBIN
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MARIE
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Deja a bord en 2004 ,
Après un mail très clair qu’il m’a envoyé, j’ai compris
qu’il était de la partie :
Port de solar, wow, what a time we had. I
'll never forget rowing the Santa Lucia that last
100 yards when the motor died. Beers in the morning after 5 days at sea!
Lets do it again soon. Of course,not in the med.
Somewhere where there is le bon vent. Ciao ”. |
alias Cheesy Mary (cheesy est une expression d’argot américain voulant dire bof, kitch et ringard). Ce surnom sympathique lui a été donné en raison de son attirance pour l'émission de télé "la nouvelle star". 20 ans, étudiante en kiné, Paris. Trouvée par routard.com. Jamais navigué. En plus d’être blonde et mignonne, cette fille avait une qualité énorme : elle n’a jamais peur en bateau !
Toujours détendue, elle mettait une bonne ambiance à bord, grâce à son insouciance et sa bonne humeur. Elle m’a tellement convaincu que nos rapports se sont considérablement rapprochés depuis ! |
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Et c'est parti !
St Nazaire - La Rochelle
Ca y’est, Saint-Nazaire c’est fini ! Les tours et les grues
des chantiers de l’Atlantique s’éloignent au fur et à mesure
de notre progression sur la Loire.

Nous contournons Noirmoutier et l’île d’Yeu avec un
vent très agréable au portant, le génois tangonné et
grand voile débordée.
Après avoir passé lesPertuis nous finissons la route au moteur en arrivant à la Rochelle à 10 h du matin. Je suis content,mon bateau marche bien, et même beaucoup mieux qu’avant.
Tout est bon, le golfe de Gascogne nous attend.
Robin, mon équipier américain, est ébloui par la beauté du
vieux Port et par le Fort de la Rochelle.
LA ROCHELLE -GIJON : traversee du golfe
Le vent a tourné NE. Après trois jours d’attente, cette fois-ci,
c’est parti. Je suis un peu anxieux en laissant l’île d’Oléron
derrière moi après toutes les horreurs que j’ai entendues
sur ce golfe. Malgré tout, la première partie fût superbe,
au portant, et la nuit nous naviguons dans la direction du
reflet de la lune, ce qui inspire franchement mon
équipier-écrivain Robin qui passe pas mal de temps a écrire
dans le carré.
Les journées sont rythmées par les bulletins météo et par
la voix agréable de Madame 20 h 03 sur France Inter.
Au bout de deux jours, le vent tourne Ouest et nous devons
nous détourner vers Gijon, au lieu de la Corogne. A 50 milles
du but nous rencontrons un voilier anglais. Nous nous faisons
des signes, nous nous rapprochons et nous entamons
une discussion improvisée de bateau à bateau.
Nous finissons les 30 derniers milles au moteur, sans un
pet de vent mais avec des orages impressionnants nous
suivant toute la nuit ce qui était beaucoup moins amusant …
Nous arrivons à Gijon sous la bruine et la pluie, fatigués
mais contents d’être en Espagne.
Gijon est vraiment une ville festive et étudiante, les bars et
les clubs pullulent,et nous rencontrons pas mal de monde
dans les bar à Cidre, typique de la culture locale.
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moment de passion intense avec le pilote
(dans le golfe de Gascogne)
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Santa Lucia à Gijon (Espagne |
GIJON - VIVIERO

Pas de vent du tout et 90 % au moteur qui ne consomme que un litre à l’heure ! Puis nous sommes arrivés dans une anse montagneuse magnifique et sommes restés coincé pendant une semaine à cause du vent très fort. C’est pas grave : multiples randonnées sur les hauteurs verdoyantes de la Galice. Robin, trouve que la Galice est la copie conforme de l’Oregon, son pays natal. Nous étions tout de même contents de partir au bout d’une semaine. Marina pas payée.
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VIVEIRO - CEDEIRA
Très, très, très mauvais moment pour le capitaine. Houle résiduelle de NW, énorme (4 à 5 m) et pas de vent, enfin pas assez pour escalader ces montagnes de flotte. Moteur à fond plus les voiles = vitesse ridicule. Avec une impression d’évoluer dans une marmite incandescente, pas assez de vent pour se battre efficacement contre la houle qui me rabattait contre la cote. J’ai pris la décision, risquée, de revenir vers le port de Cedeira, petit port de pêche, sans détails precis sur l’entrée au port. J’ai tracé une ligne de sécurité sur la carte et j’ai suivi au degré près la latitude GPS. Une entrée très difficile m’attendait, 50 mètres de marge entre le chenal et la caillasse où le déferlement de la houle se voyait à trois milles ! Je n'ai pas décroché un mot aux équipiers pendant six heures tellement j'étais concentré sur l'arrivée du port. J’ai réussi à arriver sans problème dans ce minuscule port de pêche. J'étais vraiment fier de moi .14 h de sommeil. Ouf !
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la passe dangereuse de Cedeira (Galice |
Cedeira - La Corogne : 70 milles
Et rebelotte! Avec l’intention de partir direct au
Portugal toujours cette houle résiduelle de NW
sans vent. Impossible de maintenir un cap précis.
Je me suis dérouté vers la Corogne et je suis arrivé
de nuit dans cette ville magnifique.
L’arrivée de nuit à la Corogne mérite tout de
même une carte assez détaillée étant donné le nombre
de phares et de balises présents à cet endroit.
La flotte de pêche est impressionnante.
Il sortait un bateau toutes les cinq minutes et
chaque chalutier était lourdement protégé vu les
conditions météo de la région.
Nous sommes arrivés à 5 h du matin, épuisés et déçus.
Ras le bol de la Galice ! Par contre, il est vrai
que La Corogne a un charme tout particulier
avec ses places grouillantes de monde et
ses grandes places pavées.
Malgré tout nous ne sommes restés que 20 h à la
Corognecar une nouvelle fenêtre météo se
présentait pour enfin passer le cap Finisterre.
La tension des équipiers, Marie et Robin, après
ces deux dernières étapes fatigantes,se faisait sentir
et il était temps de partir voir autre chose...
Marina pas payée.
L A COROGNE -PENICHE ( PORTUGAL)

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Extraordinaire ! Au départ de La Corogne peu de vent et appréhension de retrouver cette foutue houle, mais non, cette foisça allait, la houle était longue. Le vent est monté progressivement vers le cap Finisterre que j’ai découvert au petit matin avec 35 nœuds de vent dans le dos ! Ce cap est vraiment impressionnant. Une énorme masse de roches, longue et déchirée par la houle. Extra. Je pense pas qu'il y ai eu 36 bateaux de 7,60 mètres qui soient passés par là ! vive Santa Lucia !
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Vitesse incroyable, 8 nds, 10 nds au surf, 12 nds parfois
avec une voile d’avant de 6 mètres carré !
Et ça a continué avec un bon vent, tout le long du Portugal !
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C’etait vraiment des conditions extra de navigation. Sans parler du nombre de dauphins et de bicéphales qui ont fait un bout de chemin avec nous. Nous avons d’ailleurs trouvé un jeu très amusant : nous lancions un parbatage avec 10 mètres d’amares et c’etait alors le debut d’un match très aquatique entre dauphins, un jeu ressemblant un peu à “ Attrapez le ponpon ” dans les fêtes foraines. Un moment très sympa.
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Ca allait tellement vite que je ne voulais plus m'arrêter ! Mais bon, les équipiers râlaient et on avait plus de vin ! Alors je me suis arrêté à Peniche près de Lisbonne. Ville extra, on a mangé du poulpe pour 5 euros, de la bière superbock à 50 cts, rencontré des Portugais sympas, réparé la voile d'avant un peu déchiré pendant le dernier trajet. Robin, mon équipier américain, a rencontré des compatriotes et n’a pas dormi plus de deux heures pendant les deux jours ! Tant pis pour lui, c'est pas en mer que tu te reposeras ! Crazy Americans !
Peniche est vraiment une ville magnifique, vivant exclusivement pour et par la pêche, et je dois dire que l’accueil a été à la hauteur de la réputation des Portugais. Bref deux jours sympas. Marina pas payée.
Peniche - Sines : 100 milles
Plus de vent ! moteur, moteur, moteur ... Arrivée à Sines au mouillage dans un port très contrôlé en raison des problèmes d' immigration. Vieille ville médiévale magnifique, très au sud du Portugal. Nouveaux copains et progrès en portugais : je parle en espagnol et mets des "CH" à la fin des mots qui finissent par un "S" tout en prononçant plus les "OU" et "U". 40 heures d'arret. Exceptionnel : marina payée !! Quelle honte !

SINES - MOHAMEDIA (MAROC ):
Départ d'après midi, toujours pas de vent ! Puis en milieu de nuit le vent s'est levé d'un coup dans notre dos et le début des problèmes qui s'acharnaient sur moi : grand voile déchiré nette et spi explosé avec drisse coincée en tête de mat, branle bas de combat, tout le monde sur le pont. J'ai dû grimpé au mat avec 20 nds de vent et un bateau pas très bien barré par Marie qui venait de sortir de son sommeil profond. C'était un peu comme un grand manège en tête de mat. Changement de voile et c'est reparti. Ouf !!
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petit problème avec le spi et réparation d'urgence (roulé sur 20 cm et cousu à la main)
Le Lendemain, re-misère : plus un pet de vent ! Et déjà trop au large pour revenir au Portugal, le capitaine, rage et peste, les équipiers se foutent de sa gueule ! plus que 10 litres d'essence.
Le soir, le vent est revenu mais ....... un peu trop !
En fait le météo prévoyait une dépression sur Gibraltar en coupant au large du sud Portugal et je me suis dit
que ça devrait passer sans trop de casse, mais ce que je n'avais pas prévu c'est que toute la houle allait m'arriver dessus quand j'allais m'approcher du détroit ! A partir de 6 h du matin le vent de travers est monté à 30 nds, ce qui est fort mais pas vraiment dangereux, mais le problème c'etait la houle de travers qui nous obligeait à avancer un peu plus face à la vague pour ne pas perdre de cap. C'était plutôt rigolo, on grimpait à toute vitesse jusqu'en haut des vagues de 4 a 5 mètres et ce qui durait parfois 5 à 6 longues secondes. Mon bateau a vraiment très bien marché, j'en suis très content. C'est incroyable ce qu'on peut affronter avec un petit voilier comme ça, et les équipiers ont barrer avec précision, ce qui m'a fait bien plaisir.
Robin, lui, m'a décerné le titre de champion de "negre rigger" , c'est à dire de champion de bidouillage à l'africaine. Ma grand voile de secours étant trop grande pour cette mer un peu musclé, j'ai pris une petite voile d'avant, que j'ai bordé à mort, pour m'en faire une grand voile moins grande et plus performante. Donc après 24 h de montagnes russes, assez rigolo mais fatigant pour le capitaine (c'est incroyable comme les équipiers n'ont aucune conscience du danger ! , pourvu que ca dure), le vent s'est complètement cassé la gueule et on a mis 24 h en plus pour faire 50 milles ! Puis arrivée au petit matin à Mohamedia. Dépaysement total, nouveaux copains,
des marocains très sympas, conforme à l 'accueil chaleureux, habituel ici.
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Quelle gentillesse !
MOHAMMEDIA - SAFI (SUD DU MAROC )
La cote devient de plus en plus rocailleuse, avec de grandes
falaises escarpées, un paysage assez aride,
cotoyant les minarets. Nous avons navigué avec un bon vent
de travers de 15 nds, pendant tout le trajet.
Les pêcheurs marocains sont vraiment extraordinaires.
Ils naviguent à plus de 50 milles des cotes avec des
4 ou 5 m, équipées de moteurs hors-bord 20 cv.
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Début des hostilités administratives à Safi.
Plus de deux heures pour en finir avec la paperasse et l’ administration.: une bouteille de whisky et trois mots en arabe pour les bakchichs.
Puis tajine, couscous, thé et repos bien mérité.
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Safi et ses fortifications
Safi est une ville vivant exclusivement de la pêche et de la poterie
Le port de Safi n’est absolument pas équipé pour
la plaisance, ce qui lui donne un charme
supplémentaire car nous étions les seuls européens,
et les Marocains étaient d’un accueil si chaleureux
et d’une gentillesse parfois pesante ! J’ai dût refuser
au moins dix couscous en famille ! Beaucoup de
copains, du “vrai Maroc”.
Bref, une escale sympa.

bateau de pêche à Safi. Plus de 400 bateaux sont en activité.
SAFI - CANARIES
Dernière étape, cette fois ci : les Canaries, plus exactement Isola Graciosa, au nord de Lanzarote.

départ de Safi : la cote est plus rocailleuse vers le sud
Les conditions météo ont été impeccables. Après quatre jours d’attente à Safi nous sommes ainsi arrivés à destination au bout de deux jours et demi avec un vent régulier de nord, nord-ouest en n'utilisant le moteur qu'une demi-heure seulement !

Isola Graciosa en vue !!!

Balade à Lanzarote
L’arrivée aux Canaries était majestueuse au milieu des falaises abruptes et massives de Lanzarote, et les magnifiques plages de la Graciosa.
Les gens de cette île sont très sympa, absolument pas pourri par le tourisme .Comme tout insulaire qui se respecte, tout le monde est très décontracté, voir même un peu trop …
Et maintenant que faire ? Traverser bien sûr, direction Martinique, mais auparavant il va falloir travailler car je pense que mon banquier n’est pas content …
(retour par l'avion, plus de sous pour l'hôtel )
PARTIE 2
VIREE 2007

l'intérieur
VIREE 2007:


Nous avons eu une mer assez forte tout le long, avec un temps souvent très gris, un vent arrière de 15 A 30 noeuds et une houle croisée. Rien de très difficile malgré tout mais j'ai commis une erreur que j’ai regrettée par la suite. Aux Canaries, nous avons été cloués au port 4 jours pour laisser passer une grosse dépression, assez rare en cette saison, appelée « onda del este » qui se traduit par beaucoup de pluie (ce qui est rare aux Canaries) et une vent d’Est de force 7, 8 et 9. Même si ça pousse dans le bon sens, je n’avais pas envie de commencer mon voyage sous tourmentin.
Le temps très gris pendant cette période n’a que très peu chargé les batteries avec les panneaux solaires et je suis parti des Canaries en comptant sur un ciel bleu de fin de dépression. ERREUR fatale car cette dépression avait entraîné une couche nuageuse importante qui est restée pendant toute la descente : plus de soleil, plus de jus, plus de pilote, quarts de 4 heures à la barre : quelle bourde. Malgré tout cela, nous avons fait une route très régulière (110 milles par jour en moyenne) avec une visite quotidienne des dauphins sous cette grande mer grisaillante. Par contre, pour les manœuvres, on ne peut pas dire que la route du Cap Vert soit un calvaire (8 jours). J’ai sorti la grand-voile environ 3 heures ! Ces 8 jours n’ont été qu’une alternance consécutive de grand foc - petit foc, avec ou sans tangon. Une seule petite frayeur de nuit lors d’une embardée qui m’a mis de travers de cette foutue houle de NW qui déferlait a ce moment là. Et vlan ! les winches dans l’eau et le cockpit rempli au trois quart; ça réveille, à 4 h du matin et ça ne fait pas de mal.
Au niveau humain , par contre, je sentais que notre équipier JB semblait beaucoup trop distant, déjà qu'à terre il n’était pas causant.

Un peu contradictoire aussi, il voulait sur-toiler quand je voulais sous-toiler, et surtout j’avais l’impression que, comment dire, il me prenait ... pour un con. Il était titulaire d’un BE , son bout de paperasse lui donnait un air supérieur. J’ai alors pensé que cela venait du ras le bol de la promiscuité mais l’avenir me montrera que non.
L’arrivée au CapVert a été assez magique, après une nuit à la cape à attendre de pouvoir passer tranquillement entre Sao Vicente et Sao Antonio. En effet, je n’osais pas rentrer dans un endroit que je ne connaissais pas, de nuit, et en particulier dans ce coin réputé pour son effet venturi. A 7 h du matin, nous avons vu émerger les hautes montagnes de Sao Antonio des nappes de brume. Plus de fatigue ni de stress, juste l’observation de ces grandes masses et de ce paysage lunaire .Youpi, on est au Cap Vert.

LE CAP VERT

Nous avons rencontré des gens de bateaux formidables au mouillage de Mindelo. Conrad, un Australien parti d’Angleterre pour rentrer chez lui par la voie des mers sur un 9 mètres en acier avec pour tout pilote un bout de caoutchouc et un moteur hors d’usage. Une famille de Bretons en partance pour la Patagonie avec aussi peu de moyen que nous. Sans parler de Pascal, journaliste navigateur solitaire vivant de ses reportages aux escales. Des gens hors normes, tous animés par la même envie : partir loin et revenir le plus tard possible. Il a fallut trouver du temps pour bricoler au bateau avec tous ces apéros!!!

Le carnaval de Mindelo ne manquait pas de couleurs et de panache. Des chars immenses, des ballets de 200 à 300 danseuses, des petites vieilles avec des buvettes de grog (rhum local) tous les 50 mètres. Des grands Cap Verdiens musclés tapant sur des tambours énormes avec une énergie et une rage incroyables. Sans parler des costumes extraordinaires des danseuses d’une créativité très africaine. Bref, du grand spectacl et pas, cher.
Pour parachever le bonheur de cette escale, nous nous sommes acopinés avec des Sénégalais et Gambiens vendeurs de bibelots qui, comme beaucoup d’Africains, immigrent vers le Cap Vert dans l’espoir de partir vers l’Europe ou les Antilles. Ils se heurtent d’ailleurs souvent à un racisme anti-africain au Cap Vert ! Nous avons passé de bons moments ensemble : des bouffes gargantuesques dans leurs quartiers misérables de Mindelo, des soirées interminables à bord ou en ville, etc. Nous avons beaucoup échangé aussi bien sur le plan gastronomique que culturel. A ce moment, j’ai vraiment pris conscience de la difficulté d’être un jeune Africain au 21ème siècle. Merci à toi, Ousmane, de m’avoir ouvert les yeux.
Une seule ombre au tableau durant cette escale : JB notre équipier. Je faisais tout pour mettre ma vie de couple de côté, et pour faire en sorte de former une équipe qui marche. Mais, petit à petit, je sentais qu’il se tramait quelque chose .Il se débrouillait toujours pour partir très tôt le matin et revenait le plus tard possible le soir .Il parlait encore moins que d’habitude et le peu de temps qu’il passait avec nous, sa présence dégageait quelque chose de désagréable. Au bout de 5 jours, cette fois c’est sûr, il prépare quelque chose. Par la suite, en lui tirant les verres du nez, j’ai réussi a lui faire dire qu’il voulait déserter ...Si je ne l’avais pas fait il m’aurait planté le jour du départ. Dans ces conditions j’en avais marre de servir de bateau-hôtel et je l’ai foutu dehors à 8 h de matin. Je comprends le fait qu’il ait eut envie de changer de bateau, ce sont des choses qui arrivent, et qu'on ne peut pas s’entendre avec tout le monde, mais dans son cas, quelle lâcheté et quelle hypocrisie.
Sur ce fait ,embarque Abdul, un jeune Gambien de 27 ans parlant correctement anglais, pour l’eldorado de la Barbade. Il avait navigué une journée de praia à Mindelo et on le connaissait depuis assez longtemps pour lui faire à peu près confiance. Nous avons notre sortie internationale de manière régulière avec lui, malgré les réticences des douanier cap verdiens pour qu'il ait son tampon de sortie, lui aussi .Corruption, toujours corruption. A 5 h du matin, nous avons quitté Mindelo, avec une petite appréhension au ventre, vis à vis de ce que nous allions réaliser ...
La Transat

L’effet venturi du canal de Mindelo nous a poussé à 8 noeuds, sous tourmentin, avec une houle sèche et déferlante. Bref pas très agréable mais bon. Quelques dix heures plus tard, classique, nous avons été complètement déventé par l’île de Sao Antono. Pétole morte, moteur …. Les deux premiers jours ont été éprouvants pour moi. Forte houle et Marie et Abdul successivement malades à crever. J’ai dû forcer Abdul à manger pour qu’il reprenne du poil de la bête .A la fin du deuxième jour, la poisse continue avec un petit problème avec une patte en inox de la barre. Allez, on affale tout, on répare tout ça et c’est reparti .Une nuit de misère dont je me souviendrai. Après ces trois jours, tout s’est bien passé. Nous avons eu une moyenne assez tranquille de 4,8 noeuds, ni sur-toilé, ni sous-voilé, comme disait Moitessier. Une routine très agréable par quarts de 4 heure. A 7 h on mange, à 8 h on écoute RFI, à 9h nettoyage des poissons volants morts sur le pont, à 10 h on redort, à 14 h on règle les petits problèmes, à 16 h on fait le point, à 18 h Marie bouquine et à 20 h on discute et on boit un coup. Et tous les deux jours à 17 h 30, le luxe : le coup de téléphone à la famille pour donner la position. Quelle magie l’Iridium.

Bref le temps passe finalement assez vite et le vent ne change que très peu, de 15 à 25 noeuds, et les Caraïbes se rapprochent petit à petit. Même la météo devient routinière, de l'Est 4 à 5, parfois 6, mer forte sur le sud de la zone. Merci Ariel cassime, mais tu ne me sers pas à grand chose.

J’ai passé un temps interminable avec Abdul à discuter des problèmes de l’Afrique : corruption, guerres inter ethniques, néo-colonialisme des multinationales, etc. J’ai appris beaucoup sur l’Afrique grâce à lui .Son fatalisme était impressionnant. Malgré tout, en 20 jours de mer, nous n’avons pas trouvé de solutions pour ce continent à part et nous sommes arrivés à la conclusion qu’il avait bien fait de foutre le camp.

A la fin, il pouvait régler les voiles correctement, mettre le pilote au point et barrer assez précisément. Mais il a subi tout le long cette peur de la mer qu’ont beaucoup d’Africains. Je me souviendrai longtemps de cette phrase après cinq jours de nav et de mer forte : « Dieu est grand, mais les blancs sont fous d’aller sur la mer comme ça ! »

Les cinq derniers jours, j’ai dû ménager et prendre soin de mon Africain car je sentais que physiquement et psychologiquement, il ne tenait plus le coup. Ce qui peut se comprendre quand on passe vingt jours en mer sans avoir navigué auparavant. Marie a tenu le coup tout le long et s’est comporté comme une guerrière de la mer. Sacrée Nana !

En vingt jours nous avons vu un seul cargo et pas un dauphin ! Et le 20 ème jour, moment magique. Au loin, que vois-je ? des lumières, de la vie, il y a autre chose que de la mer droit devant. Les petites collines de la Barbade se dessinent dans l’obscurité et la lumière revient sur le visage d’Abdul . Ca y est, on y est ! Sors la bouteille de Saint Emilion. Et Abdul, musulman ou pas, Allah te pardonnera bien un petit verre. M…, l’Atlantique, c’est fait !
LA BARBADE
Quelle déception à l’arrivée ! Après les cinq minutes de bonheur de toucher sol, la réalité du monde revient dans toute sa laideur. Les énormes bateaux de croisière dégoulinant de gras touristes, les gens ne sont pas sympas, tout est hors de prix et tout est si superficiel à Bridgetown. Les habitants de la Barbade ont oublié leur créole, ne parlent qu’anglais et sont souvent méprisants. Quelle déception après 2.000 milles. Finalement on n’était pas si mal en mer.

Et j e ne parle pas des problèmes avec l’immigration ! Alors là, c’est le bouquet ! Les douaniers (noirs pourtant) ont affiché un racisme anti-africain que je n’aurais pas imaginé. Avec un regard chargé de mépris, ils ont envoyé Abdul dans un bureau de l’immigration spéciale et il a dû payer 100 dollars US grâce à son origine tandis que Marie et moi payons seulement 25 dollars. C’est bizarre non ? Les douaniers ont-ils oublié d’où venaient leurs ancêtres il y a 200 ou 300 ans ? .
Tout ceci reglé , j’ai alors laissé Abdul chez un ami à lui à Bridgetown car il n’a pas voulu me suivre pour une autre île .Bonne chance et bon courage dans cette île maudite. Ras le bol d’ici, il faut partir.
BARBADE- VENEZUELA (300 miles)
Comme dit le proverbe « les voiles levées, les dettes sont réglées ». Maintenant je suis bien avec Marie et le vent nous pousse vers un pays où la paperasse s’arrange vite avec quelques dollars .Nous avons coupé l’arc antillais au nord de Grenade et descendu vers les îles Testigos (à 50 milles au nord du continent sud-américain) avec l’aide de deux noeuds de courant.
A l’arrivée, plus de problème. Un petit chapelet d’îles minuscules, les pélicans, la plage rien que pour nous et des poissons partout. Quel pied ! Après une semaine de repos nous sommes allés à Puerto la Cruz sur le continent.

PUERTO LA CRUZ
Ca y est, pour 50 dollars la paperasse est réglée. Et c’est parti pour le folklore tout en préparant le bateau pour la Transat retour par les Açores (en mai-juin 2007). Mais ça, c’est une autre histoire.
JUSQU AU BOUT DES ANDES...
Le problème avec les voyages en bateau , c'est la mer . On ne voit qu'elle. Ce n'est pas qu'on ne l'aime pas, mais au bout d'un certain temps ,ça devient un peu ,comme avec un vieux pote , si l'on se voit trop souvent , on ne profite pas .Et c'est dans cette optique qu'avec notre ami Ronald de Caracas et son fidèle 4x4 surpuissant ,que nous avons décidé de mettre en place une petite virée de 2000 km a l'intérieur du Vénézuela dans les Andes majestueuses et éternelles ....
Ce fut une idée lumineuse sur tous les points , et une aventure inoubliable aussi bien au niveau des rencontres que des paysages .
Au fur et à mesure que nous nous sommes éloignés de la côte , la température a commencé à baisser et le paysage est devenu de plus en plus escarpé .
Du Pico Bolivar et ses neiges éternelles, à la cité de Mérida , en passant par des « posada » à plus de 3000 m d'altitude , ce long voyage nous a quelque peu changé de notre environnement naturel ...

Les Andes Vénézueliennes sont une palette très diversifiée de paysages, au caractère singulièrement différent selon les endroits visités. Dans la même journée, on peut passer , d'un paysage presque alpin , aux collines d'Ecosse , en passant par les hauteurs désertiques du Nevada . Du grand spectacle , à fond la caisse, sur des cols de 2000 ou 3000 m, ou des pistes montagneuses impraticables .
Au niveau des gens, là aussi quel changement .
Loin des 2 ou 3 meurtres quotidiens de Puerto la Cruz city, ici les Andins sont d'un naturel très calme , travailleurs et même agréables et cultivés .


DU VENEZUELA A ST MARTEEN (NORD DES ANTILLES)
Après 2 mois de pérégrinations vénézueliennes , nous nous sommes enfin décidé à
mettre le cap sur St Martin, en vue de la transat retour .Le Venezuela est un chouette pays mais le climat de violence qui règne au quotidien ,commençait à vraiment nous peser .
Le problème , c'est que maintenant les allures portantes , c'est terminé.
Au près dans la houle , haut les coeurs !
(nous n'avions pas fait de près depuis le golfe de Gascogne ).
Nous partons donc début mai de Puerto la Cruz , de nuit pour une première escale sur l'île de Margarita , dans l'optique d'acheter des perles à bas prix (pour les revendre ) ainsi que du tabac encore moins cher que sur le continent ( 80 cts de dollar, le paquet de Malrboro , sur le continent,quand même !)
Il y avait seulement 60 miles nautiques de puerto la cruz à Margarita mais alors pour une remise en forme , nous avons été servis copieusement ...
30 noeuds en plein dans le nez , une mère forte et cassante , et une vitesse tristement ridicule .
A la fin de la nuit nous avons glorieusement fait 10 miles sur la route en tirant des bords carré , Grand-voile a 2 ris et tourementin...Pour un début de re-maritimisation , ce n'est pas glorieux .
Par ailleurs , étant imprégné depuis peu de culture sud-américaine , j'étais devenu très « prezoso »(fainéant pour ainsi dire) et pour la première fois de ma vie : j'ai renoncé ..
Nous avons fait demi tour afin de passer , plus tranquillement au milieu des reliefs montagneux et de eaux protégées du parc national de Mochima
.

Une navigation magnifique , malgré l'usage intensif du moteur , et l'éventuel « petit risque de piratage » sous un paysage faisant penser aux canaux de patagonie version caraïbe et désertique .
Par la suite étant passablement déprimés par les allures de inconfortable du près , nous mettons le cap vers l'île de la blanquilla au large de margarita, afin que notre souffrance soit de plus courte durée ..
JE HAIS LE PRES.
Par la suite nous avons eu quelques difficultés à partir de cet endroit, la plage du mouillage étant d'une rare beauté , et nos copains de mouillage, des personnes rares et passionnantes .Par ailleurs notre chaîne s'étant durement coincée autour d'un rocher ,cela n'a pas facilité notre départ..Nous avons donc eu beaucoup de mal à lever l'ancre de
ce petit paradis aride .
Au départ , le mer était belle,la météo semblait plutôt établie. Le près serré , allure inconfortable mais efficace , nous donnait l'impression, d'être un couple de chèvres vivant au flanc d'une montagne. Malgré tout le bateau s'est très bien comporté pendant cette remontée de la mer des Antilles.
Mais hélas , c'est par les petits détails que les gros problèmes arrivent : au bout de 2 jours , un premier accident est arrivé. Le brûleur de notre bouteille de gaz nous a soudainement lachés .
Pas de brûleur , pas de flamme ,donc pas de repas chaud .
Vive la salade !
Mais quand on se fait tremper toute la journée par les embruns, avec 25 nds dans la gueule , le mais et la tomate ,ça ne nourrit pas son homme .
Après 2 jours de salade ,de plus en plus maigre, la veille de notre arrivée , notre fidèle pilote « mini-me »nous abandonne lâchement .
Et c'est finalement Après , une nuit de barre , 2 jours à manger de l'herbe,soit en tout 4 jours de navigation à se prendre pour des chamois que nous arrivons à st martin , île Franco-hollandaise .
ST MARTIN
Un coin , très « caraïbe », sable blanc, reliefs volcaniques, recouvert d'un manteau de végétation tropicale , lagon à l'eau bleu ciel ,turquoise et émeraude .
Et bien sur d'énormes bateaux de croisière de type « go voyage »ainsi qu'une multitude de petits commerces »typiques », Vuiton , Yves st laurent,Cartier, lacoste , duty free et compagnie..

Cette ambiance assez touristique , nous plongea au début dans un certain décalage , après tout ce temps passé au Venezuela .(Comment ? On peut sortir tard le soir , sans prendre le risque de se faire abattre ? Est ce bien vrai?)
Malgré tout une ambiance caraïbe , cocotier, tropico-rococo , sable blanc , nous fit du bien , durant ces 2 semaines passées à préparer le bateau .
Le change DOLLAR / EURO étant ce qu'il est , et les affaires maritimes françaises , étant ce qu'elles sont, nous avons jugé sage , de rester au mouillage côté hollandais, avec notre faible budget mieux valait payer en dollar US .
Je tiens par ailleurs à signaler que l'essentiel de la cambuse de la transat retour a été payé grâce au casino GOLDEN ..TRUC et sa roulette magique.
« Quand on a plus un rond, on a tout à gagner et peu à perdre »
Et c'est donc quotidiennement , que j'ai appliqué cette maxime, avec un billet de 20$ , en poche , en allant m'adonner au sport favori des antillais de Philsburg, la roulette , dans le casino le plus crasseux de cette villes , dans une atmosphère enfumée et malsaine ..
Malgré cela , mon petit billet de 20$ , se transformait invariablement en billet de 60 , 80 ou même 120 $ , en misant selon mes fiches stats sur des cases à faible risque.
25 Mai 2007:
Rouge/noir , impasse/manque, pair / impair... ma tête tourne et les billets pleuvent .
Je fume cigare, sur cigare, avec mes collègues antillais de tapis vert, très intéressés , par ma technique de jeu très .... lucrative .
J'applique aussi les dires de ce cher Sarkozy , « Travailler plus pour gagner plus » et je la transforme en « miser plus pour gagner plus » .
Ca commence à jouer gros , et je dégouline de transpiration et de stress.
Allez 200 $ , sur le rouge et j'arrête .
La roue tourne sous cette chaleur étouffante et ..... encore gagné !!!
STOP ; j'ai assez de fric . Allez Marie , on se casse d'ici . Ras le bol du Rhum , des cigares et du casino.
Et c'est donc avec ce traitement de choc quotidien , que la caisse de bord a repris, très rapidement, sa vigueur d'antan, ce qui fut,pour moi , l'attrait principal de Saint Martin.
LA TRANSAT RETOUR

27/05
Ca y est le jour J est déjà là .
J'ai 40 j de flotte et de victuailles à bord au cas où .
Le vent est de Sud-Est 4/5 pendant plusieurs jours et aucune dépression trop importante au Nord ; accessoirement le bateau est prêt .
Il est 6 h . Le jour se lève sur la baie de Phillsburg, le vent est là , c'est le moment.
Cette deuxième transat est le résultat , d'une foule de préparatifs mais c'est aussi une foule d'interrogations .Comment cela va-t- il se passer?
Je remet tout à plat . On verra bien .
C'est donc avec une certaine anxiété que nous dépassons l'île de Tintamarre , au près avec un petit Sud Est de 15 noeuds très agréable .Grand soleil. Bye-bye les Antilles , dans 2200 miles on est aux Açores et la boucle est bouclée .....si tout va bien .
Les premières 24 h ont été , ma foi , superbes , au près-bon plein , dans une mer pas trop formée, tout marche parfaitement.
Téléphone satellite , panneaux solaires, VHF, éolienne, GPS, etc... tout ce bazar pouvant, à chaque instant , tomber en panne , fonctionne très bien ........ jusqu'à présent .
La première partie de la traversée a été ,disons, surprenante ...
Loin des terribles dépressions du Nord imaginées auparavant , nous avons subi une série dramatique de ......pétole.
Incroyable ! Pendant 1 semaine le vent a oscillé entre Est , NW , Sud-est , ou Sud-ouest entre force 2 et et 4 , c'est à dire rien du tout .
J'avais 200 litres d'essence , 200 x 3.5 nds = 700 miles d'autonomie, et en l'occurrence , je n'avais aucune envie de claquer l'intégralité de mon essence au début de la transat.
Nous avons donc utilisé la moindre petite brise faiblarde et incliné notre route plus franchement au Nord (afin de se rapprocher des dépressions de l'atlantique Nord)
en faisant cap au 30 au lieu du 60 ;
Une semaine à se battre contre ce manque de vent , en utilisant le moindre souffle que ce radin d'Eole a bien voulu nous donner .
Une semaine aussi à se méfier de ces foutus grains , à l'intérieur desquels le vent souffle à 30 nds pendant .. 5 minutes pas plus .
Une semaine , à se prendre la tête sur les infos météo , envoyées par le père de Marie sur le téléphone satellite , à analyser, re-analyser les fronts ...
Une semaine à allumer et éteindre le moteur , bref une semaine de m. .
En arrivant au niveau du 32° Nord , j'ai décidé que nous avions assez incliné notre route au Nord et nous avons remis cap direct sur les Acores .
A partir de ce moment les conditions ont été radicalement différentes car nous avons enfin profité d'une dépression de sud-Ouest sans trop se faire tabasser ce qui nous a enfin permis de naviguer à des moyennes dignes de ce nom (entre 100 et 130 miles par jour) . La mer est forte mais ,peu importe , le vent est de retour!
Par ailleurs nous avons enfin rattrapé notre vieux copain le GULF STREAM , qui désormais nous aide bien .
Mais malgré le routage météo parfait du père de Marie via téléphone satellite , nous nous sommes tout de même retrouvé , par 2 reprises, dans des zones anticycloniques , mais cette fois de courte durée.
Curieusement c'est un vent de sud-sud/est (vent souvent faible dans cette partie de l'atlantique) , qui nous a permis de faire mal de route pendant 4 jours au pres-bon plein à 4 ou 5 noeuds de moyenne .
Au quotidien durant cette seconde transat ,, nous avons joyeusement retrouvé notre bonne vielle routine , qui permet de voir défiler les jours comme des heures .
8H : changement de quart, petit déjeuner gargantuesque; composé des délicieux pan cakes de Marie , faits à la poêle .
10H Rituel du bulletin météo RFI à la radio
12 H Repas léger pour cause de chaleur étouffante
13H SIESTE ou lecture
16H Analyse des données météo via satellite
18 H (pétante) Sacro-saint apéritif

A vrai dire , a ce rythme la , et avec cette qualité de vie (dépendant tout de même des contraintes meteo ), je peux vous affirmer que je suis arriver aux acores , avec une fatigue physique casi inexistante .
Cette arrivée restera par ailleurs gravé dans ma mémoire pour le reste de ma vie , VU l'intensité du moment .
C'est a 7 h du matin, avec bon Nord ouest de 20 a 25 noeuds , une mer assez forte , et un crachin presque breton , que se détacha des nuages de cette grisaille le hauteurs de Flores .
Le cadre était presque fantomatique , le faible lumière donnait a cette ile , très verdoyante des tons de vert-gris, les petites maisons blanche de « lajas de flores » sortant petit a petit des ténèbres..
Hurlements de victoire...
Ce n'est pas les antilles mais quelle magie !
Et c'est après un atterrissage sans problème devant le regard ahuri de pas mal de bateaux de 40 a 50 pieds au mouillage , que je me suis adonné a la traditionnelle beuverie de fin de transat , afin d'évacuer les quelques mauvais souvenirs ...

LES ACORES
Nous gardons un souvenir impérissable de cette étape , qui faute de budget nous sembla trop courte , malgré les 3 semaines passés entre Flores , Pico ou Horta .
Ces îles souvent verdoyantes dégagent quelque chose de spécial et l'atmosphère qui règne entre les gens de bateau est exceptionnelle , en particulier sur la petite île de Flores .

Je pense très franchement que les plus grands « furieux » de l'Atlantique se donnent RDV , à cet endroit , et pour ainsi dire , ça fait franchement du bien de rencontrer d'autres fous ..
Nous avons rencontré quelques personnes avec un budget aussi misérable que le notre et des bateaux parfois très sous-équipé .
De Hasmat , un fou Anglo-pakistanais , venant du Surinam avec un voilier de 22 pieds ne me semblant « peu marin », en passant par Johnatan , un juif Canadien , en « pèlerinage » vers Israël sur un voilier démuni de compas et de pilote , certaines rencontres ont été de toute beauté ..
Il y a par ailleurs d'incroyable ballades à pied à faire , sur Flores , où les collines fleuries à volonté , composent merveilleusement bien avec d'immenses lacs sauvages en montagne , où nous avons campé à plusieurs reprises .(et construit aussi un radeau legerement anarchique)

Je ne tarirais pas d'éloges non plus , sur la gentillesse des fermiers de Flores , qui arrêtent casi automatiquement leurs véhicules , à la vue de tout étranger , agitant vigoureusement le pouce de sa main droite , sur le bord d'une route ...
Nous avons par ailleurs effectué , la traditionnelle escale à Horta , qui a durement éprouvé mon foie , et gribouillé l'obligatoire dessin sur les quais de ce port (âmes sensibles s'abstenir, cf photo )

ACORES -PORTUGAL (10 JOURS)
Sportive, vraiment sportive, je crois que c'est le qualificatif adéquat a cette traversée , trop longue après une transatlantique .
Petit exposé météorologique : l'anticyclone des acores n'est pas uniquement positionné sur le sud de acores ! Lui aussi , il bouge , il évolue en fonction des dépressions, plus au sud ou plus au nord, a l'ouest ou a l'EST .
Ce fut donc 10 jours de traversée avec des conditions très inégales .
Des tendances dépressionnaires assez forte , aux zones anticyclonique de calme plat .
Pour résumer cette traversée , je dirais donc, peu de vent eu début , puis trop de vent et des grains nombreux par la suite , puis plus de vent du tout vers le milieu du trajet , et enfin pour les 200 derniers miles , nous nous sommes fait massacrer par les alizés portugais . ( 6 a 8 noeuds , vent de travers, GV a 2 ris et tourmentin )

Une traversée épuisante, inintéressante , no comment .
Nous sommes donc arrivé vers le cap St vincent , au Portugal , le 17 juillet , plus fatigué par cette dernière épreuve que par 23 jours de transat .
Et c'est a partir de ce fameux cap portugais , que nous avons officiellement bouclé notre boucle transatlantique , après 1 an et 3 mois .
Marie étant vraiment fatigué , elle ne demande qu'a revoir sa famille , ce qui est normal, et prend donc l'avion a Faro .
Pour moi , le voyage n'est pas fini , je dois me ressaisir et utiliser le peu d'énergie qu'il me reste pour remonter en solo la méditerranée pour rejoindre les cotes Françaises .
Ca fait bizarre de revenir sur notre vieux continent et je me sens presque chez moi au Portugal , ayant désormais une telle habitude de l'éloignement .
REMONTEE DE LA MEEDITERANEE

Je ne donnerai pas mon sentiment profond sur le sujet « naviguer a la voile en méditerranée », de peur d'être grossier et de choquer les sangriamis de cet endroit.
Les escales: Gibraltar , Motril , et Carthagena en Andalousie , Denia , Blanes et puerto
de la selva en catalogne , puis arrivée a Sete , en France .
J'ai été coincé près de Gibraltar 6 jours , a cause d'un front dépressionnaire d'EST,puis j'ai alterné entre moteur et SPI jusqu'à puerto de la selva ( plus de 40 % au moteur , rhaaaa! )
L'Europe toujours fidèle a elle même, et a ses habitudes m'a accueilli a grand coup de marina hors de prix , de tourisme de masse , et gardiens de ports ayant un sens marin aussi développé que celui d'un fermier du Cantal ...
Ca tombait bien , car moi aussi , j'avais gardé mes « petites habitudes », et je n'ai bien sur pas payer une seule marina .
Et c'est donc après de nombreux amarrages frauduleux aux pontons de pêche , de nombreux mouillages au milieu de certaines marinas , et plusieurs causeries pittoresques avec la « guardia nacional » locale que je suis arrivée a SETE.
GOOOOD MOOORNING FRANCE ! ! ! !
LA DER DES DER: Remontée de la Saone et du Rhone
De Sete , j'ai alors trouvé l'idée amusante de mettre le cap sur ......la Bourgogne !
Afin de revoir ma famille, via le canal du rhone a Sete , puis le Rhône et la Saône ;
Le dematage , ayant été effectué sous un pont , faute de moyens , comme d'habitude , j'ai mis alors cap au Nord vers le Rhône .
Sur ce fleuve a fort courant , j'ai alors compris rapidement , qu'avec mon moteur 5 cv HB , si je voulais arriver en Bourgogne avant mes cheveux blancs , je devais alors vite trouver un S.R.B.M (Sympathique Remorqueur Bien Motorisé )
Et c'est donc a Arles , que je suis tombé par chance sur la péniche « Rocambole », qui m'a gentiment tracté a 6 noeuds au GPS , 8 nds en surface , mon voilier avait alors des allures de vedette off-shore , fonçant a toute allure reliée a 30 d'amarres au bollard arrière de cette « petite » péniche marchande de 72 m. (quelques sueurs froides ,tout de même ,je dois le reconnaître)
La aussi , quelle belle rencontre , le sympathique couple propriétaire de cette péniche , m'ont bien aidé , le soir ,a refaire ma culture oenologique autour de grands crus .
Les 12 écluses passées , me laisse en mémoire des senteurs raffinées de Cotes de Beaune , Villié-Morgon , château neuf du pape etc...
Et c'est donc le 8 septembre a 19 h que j'ai ammaré mon bateau a Mâcon sur la Saône , sous le regard des 30 amis et parents présents a cette occasion ...

Fin du voyage , que la fête commence !!!
EPILOGUE
Il est 19 h, je ressasse cet énorme amas de souvenirs qui fourmille dans ma tête de jeune con de 25 ans , en dégustant un St Verand 2004 , sur ma terrasse , avec une vue éblouissante sur les coteaux du Mâconnais , allumés par cette lumière douce de Septembre.
Je me demande toujours ce que je fous ici .
On a l'impression avant de revenir chez soi , d'une grande virée , que tout va changer , et que rien sera plus pareil .Foutaises .
Rien n'a changer. Sarkozy ou pas , le monde tourne toujours et la France aussi .La vie suit son cours ...Les cons sont toujours aussi cons et le potes sont toujours présents a l'appel ..
Je vais désormais devoir reprendre ce que l'on appelle « une existence normale », c'est a dire boulot , moins de bateau , moins de temps , moins de plaisir mais plus de fric.
Passé l'euphorie des retrouvailles avec les potes et la famille , passé la satisfaction du voyage accompli , j'en reviens donc a me demander ; « Merde! Pourquoi je suis revenu ? »
En conclusion , mes chers sangriamis , je vous dirais donc , que nous possédons tous, un petit bateau capable de nous pousser plus loin qu'on ne pourrai l'imaginer .
Si rien ne vous retiens , partez , partez loin ...
 
suite :
eh oui , malgré tout la vie continue .
Il y a un temps pour voyager , et un temps pour travailler ( le tout est d'avoir , un ratio , bien déterminé sur ce sujet .. )
Apres 200 ecluses , la Saone , le canal de la saone a la marne , la Marne , puis la Seine ,en plein hiver , je suis arrivé a Paris a bord de Santa Lucia
( je ne sais toujours pas trop comment )
Une navigation qui parrait assez surrealise après 2 Transatlantique ....


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Commentaires sur cette page:
Commentaire de Micx( michelpoupin sfr.fr ), 27.01.2012 15:06:11: bonjour
fabuleux ce voyage.
je rêve de faire la même chose.
je pense le réaliser et là j'aurais besoin de conseils.
Merci d'avance.
salutations de marin |
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